A la découverte de … Gordana Mitrovic

Suite de la mini-série : « à la découverte des recrues ». Arrivée fin octobre en tant que joker médical, aujourd’hui on vous propose de faire connaissance avec Gordana Mitrovic.


Surnom :
Gordi

Numéro : 22

Poste : Demi-centre

Née le : 

Taille : 

Nationalité : Allemande et Serbe

 

Distinction individuelle : 

 

Gordi, peux-tu nous présenter ton parcours pour commencer ? 

J’ai commencé le handball à 9 ans. Avant j’ai joué au tennis, mais seulement deux ans parce que c’était ennuyeux pour moi d’être toute seule sur le terrain. Donc j’ai commencé le handball dans la ville où je suis née pendant deux ou trois ans, après je suis allée jouer dans un autre club pendant trois ans. Ensuite je suis rentrée comme dans un pôle sportif mais il n’y avait pas d’internat. C’était à 1h30 de chez mes parents donc mon papa m’emmenait tous les jours, j’y suis restée quatre ans.

Puis à 15 ans j’ai commencé à jouer avec les seniors, en 3ème division, pendant deux ans. Suite à ces deux années, je suis partie à Blomberg où j’ai signé mon premier contrat professionnel à 17ans. J’ai joué là-bas pendant 3 ans avant de partir à Thuringer pendant 1 an et demi et désormais je suis ici.

C’est la première fois que je joue dans un autre pays que l’Allemagne, excepté quand je joue avec l’équipe nationale de la Serbie, mais c’est différent car je parle serbe couramment avec ma famille.

 

Tes parents étaient sportifs peut-être?

Ma maman a joué au handball à haut niveau et mon papa a joué au football. J’ai d’ailleurs un grand frère qui a été footballeur professionnel, mais suite à de nombreuses blessures il a arrêté sa carrière.

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Au cours de ton parcours, as-tu eu des coaches qui t’ont marquée ?

Oui bien sûr, j’en ai deux que je n’oublierai jamais.

La première c’est Jutta Köhler, c’était ma coach dans mon second club. Elle m’a poussée parce qu’elle a vu que je voulais et que je pouvais devenir une joueuse importante. Elle n’était pas toujours gentille avec moi parce que j’étais jeune j’avais envie de faire ce que je voulais mais elle m’a remise dans le droit chemin.

Le deuxième, c’était mon coach à Blomberg : André Fuhr, où j’ai signé mon premier contrat professionnel. J’ai énormément appris avec lui, il m’a permis de prendre une autre dimension.

 

As-tu toujours joué au même poste?

Non, j’ai joué à tous les postes sur la base arrière. Mais je préfère jouer demi-centre parce que j’aime être la chef d’orchestre.

 

Peux-tu nous dire, en toute objectivité bien sûr, quels sont tes points forts et tes points faibles dans ton jeu ?

Je pense que mes émotions peuvent être mon plus gros point faible, des fois je peux être explosive quand je perds ma confiance, pas à cause des autres mais par ma faute.  Ce qui peut être un défaut également, c’est que par exemple même si je marque 10 buts, je vais toujours voir ce que j’ai fait de mauvais en priorité. Je pense que c’est bien de se remettre en question mais il ne faut pas être dans l’excès.

C’est compliqué de répondre à cette question à chaud, je suis sûre que quand je vais rentrer chez moi je vais avoir deux-cents réponses dans ma tête (rires).

Concernant mes points forts, je suis vraiment ouverte, j’aime parler avec tout le monde même avec la barrière de la langue. Parce que certaines ne parlent pas trop anglais et moi je ne connais pas le français donc nous devons communiquer avec les mains et les pieds (rires)mais ça ne m’inquiète pas. J’aime pousser et motiver l’équipe, je pense que je comprends plutôt bien le handball, et que j’ai une certaine intelligence de jeu car je comprends vite ce que le coach attend de moi dans des situations bien précises de jeu, ce qui me permet de faire les bons choix.

 

Comment as-tu vécu ton arrivée à Nantes ? Quelles sont tes impressions sur la ville ?

Super ! Je n’étais pas effrayée mais quand tu vas dans un nouveau pays, il y a toujours une certaine appréhension. Mais mon accueil a été extra ici, j’ai d’ailleurs dit à ma maman que je ne sentais pas que j’étais nouvelle, j’ai déjà l’impression que ça fait trois mois que je suis ici et pas que je viens seulement d’arriver. Donc je me sens vraiment très bien et tout le monde m’aide en plus…

La ville est vraiment très jolie, je ne savais pas que Nantes était si joli et si grand avant de venir et j’aime vraiment cette ville. Ma maman est là en ce moment et elle aime beaucoup aussi, je lui montre ce que je connais déjà. Je pense qu’elle viendra me voir à l’entraînement, j’espère en tout cas, pour voir ce que je fais ici, pour voir ce que sa fille fait (rires).

 

Et comment se sont déroulés tes 2 premiers matchs sous le maillot rose (Paris et Chambray à domicile) ?

Nous n’avons pas eu de chance pour mon premier match je pense. J’étais nerveuse forcément mais une nervosité positive…et après 10 minutes de jeu Fred m’a regardé et m’a dit « Gordi », et j’étais surprise mais j’étais plutôt contente de ma prestation même si ça peut toujours être mieux, il n’y a pas de limite.

Concernant mon deuxième match, je n’ai pas réussi à aider l’équipe, quand je suis rentrée j’ai fait 2-3 erreurs donc c’était la bonne décision de la part de Guillaume de me laisser sur le banc mais nous avons vraiment bien joué, nous avons gagné et avons pris les 3 points donc c’est le plus important !!

 

Quels sont tes objectifs au niveau national, que ce soit en championnat ou en Coupe de France ?

C’est un peu compliqué pour moi de répondre car je ne connais pas encore les autres équipes du Championnat, mis à part Brest, Metz et Paris bien sûr, mais les autres je ne sais pas comment elles jouent, quel est leur niveau, si ce sont de bonnes équipes ou non.

J’espère qu’on aura la meilleure place possible bien sûr, tout le monde espère cela. Si ce n’est pas le cas, ça ne sert à rien de jouer (rires). Je pense qu’on est capables d’être dans le haut du Championnat, nous avons vraiment d’excellentes joueuses individuellement alors si nous arrivons à l’être ensemble, je pense que nous pouvons atteindre une position plus élevée dans le classement.

 

Tu connaissais tes coéquipières avant de venir ?

Non, j’en connaissais certaines de nom mais c’est tout, je n’avais jamais eu de contact avec elles. Je n’avais pas non plus joué contre elles, excepté contre Poly quand elle a joué en Allemagne mais je ne m’en souvenais pas j’étais jeune (rires).

 

A titre personnel, quels sont tes objectifs dans ce collectif nantais?

J’arrive au milieu de la saison donc j’espère que je vais pouvoir apporter ce que le coach attendait de moi et ce que j’attends de moi-même. J’espère aider l’équipe et apporter un peu plus de stabilité. Je pense que c’est toujours difficile d’arriver au milieu de la saison, je n’avais jamais vécu cette situation avant, d’autant plus quand le projet est grand car il y a beaucoup d’argent en jeu. Donc tu dois être bonne et montrer ce que tu vaux sur le terrain.

J’espère aussi apprendre beaucoup, progresser individuellement, atteindre un niveau international. J’ai 22 ans et c’est la première fois que je joue dans un autre pays donc j’espère que je vais réussir à maîtriser la situation. Je pense que c’est le plus important et le reste viendra après.

 

Ce n’est pas trop compliqué pour toi d’arriver à ce moment de la saison et juste avant le départ de Fred?

Je ne connaissais pas la situation avant d’arriver mais je l’ai bien senti et je l’ai vu quand je suis arrivée. Ça peut être le « mauvais » côté du sport, ça n’est pas quelque chose de normal mais ça peut arriver qu’un entraîneur parte au milieu de la saison. Nous devons nous conduire comme une équipe, je ne suis pas quelqu’un qui ferme les yeux sur ce qu’il se passe, je suis consciente des situations et j’essaye de faire en sorte de donner le meilleur de moi-même, peu importe la situation.

Mais ça n’est pas trop difficile pour moi, même si quand je suis venue ici une semaine à l’essai, j’ai rencontré Fred à de nombreuses reprises bien sûr et je pense que c’est vraiment un bon coach, ce n’est pas la question. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai signé mon contrat. Je ne signe pas pour me faire des amies, bien sûr je m’entends bien avec mes coéquipières mais pour moi le plus important au moment de faire mon choix, c’est le coach. Est-ce qu’il peut m’aider ? Est-ce qu’il peut m’apprendre quelque chose ? Mais je pense que Guillaume peut le faire.

 

Quand tu ne joues pas au hand, quels sont tes hobbies ?

J’aime nager. J’aime me promener mais seulement en été (rires). J’aime être avec mes ami(e)s, avec ma famille quand j’ai du temps libre. J’adore regarder des séries aussi.

 

Qu’est-ce qui change le plus pour le moment entre l’Allemagne et la France au niveau handballistique? Ainsi qu’au niveau culturel ?

C’est une question difficile, comme à l’école (rires). La plus grande différence, je dirais que les françaises sont plus expressives mais dans un sens positif, comme moi, j’ai le sang chaud, je suis serbe (rires). Et quand j’étais en Allemagne, je devais me contrôler, mais ici j’ai l’impression que les filles sont comme moi. Elles veulent tout le temps gagner et ça commence dès l’échauffement à l’entraînement, tout le monde veut gagner, personne ne veut perdre. Et en Allemagne c’est un peu différent, je ne veux pas dire qu’elles ne veulent pas gagner, bien sûr que non, mais il n’y avait pas cette mentalité de la gagne dès l’entraînement.

Au niveau culturel, je n’ai pas remarqué de différence, si ce n’est que la vie en France est bien moins chère qu’en Allemagne.

 

As-tu des rituels particuliers avant les matchs ?

Oui, j’enfile toujours en premier ma chaussette gauche puis la droite et pareil pour les chaussures, puis quand je rentre sur le terrain en sortant du vestiaire, je pose en premier mon pied droit derrière la ligne du terrain. Mais je sais que c’est un peu stupide, personne ne peut comprendre car je commence tout avec mon pied gauche, les chaussettes, les chaussures mais par contre je pose le pied droit en premier sur le terrain (rires). J’ai ce rituel depuis que je me suis rompue les ligaments croisés de mon genou gauche en 2012.

 

Place à quelques questions sur tes nouvelles coéquipières ; selon toi, dans l’équipe, qui est :
  • La plus travailleuse ? Armelle et Léa sont les plus déterminées et les plus combatives
  • La plus râleuse ? J’ai parfois ce sentiment avec Karichma mais ce n’est pas négatif et ce n’est pas à 100%, c’est parce qu’il faut dire quelqu’un (rires).
  • La plus drôle ? Armelle !!!!! La semaine dernière elle était malade et elle commençait à tousser et je rigolais parce que tout ce qu’elle fait me fait rire. Je lui ai dit, s’il te plaît arrête, ne fais plus rien (rires). Elle est vraiment très très marrante !
  • La plus tête en l’air ? Camille (Mandret), des fois elle est dans un autre monde (rires).
  • La plus bavarde ? Armelle encore ! tu peux écrire Armelle partout (rires).

 

Que peut-on te souhaiter pour la suite de tes aventures au NAHB ?

Que je ne me blesse pas, que je sois en forme et en bonne santé.

 

 Le mot de la fin pour les supporters du NAHB :

Merci beaucoup à tout le monde, vraiment, parce que c’est pas une situation facile de venir ici au milieu de la saison, de s’intégrer, d’autant plus dans la situation dans laquelle nous sommes actuellement. Donc je suis vraiment très reconnaissante envers tout le monde et spécialement le public parce qu’après le match, ils ont été vraiment adorables avec moi en me disant « oh tu as bien joué » et « bienvenue ! » et je suis vraiment contente que ça soit comme ça et me sentir acceptée, c’est vraiment plus facile pour moi de donner le meilleur de moi-même ainsi.

 

MERCI GORDI !
Nantes Atlantique Handball

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